Mi-juin 2026, BGL BNP Paribas Banque Privée a levé le voile sur son nouveau siège, Royal Roosevelt House, situé à l’entrée du boulevard Royal, dans les murs de l’ancienne villa Servais et des deux maisons adjacentes. Une rénovation qui a pris le temps de bien faire les choses, au bénéfice des clients de la banque, des employés, mais aussi des passants et usagers du quartier.
L’ensemble de trois maisons bourgeoises, qui jouxte le Forum d’art contemporain Casino Luxembourg, est l’un des rares vestiges de l’architecture historiciste néoclassique de la fin du 19è siècle. Elles avaient été quelque peu malmenées ces dernières années, au fil de leurs affectations successives. Le groupe BGL BNP Paribas, propriétaire des lieux depuis la fin des années 1960, les avait transformés en bureaux annexes, en incubateur de startups, y avait accueilli l’agence de promotion Luxembourg for Finance… Jusqu’ici, la branche Banque Privée du groupe était hébergée dans la villa Paribas, située plus haut sur le boulevard. Mais celle-ci s’est révélée trop exiguë ces derniers temps pour suivre le développement des activités (4.000 clients privés et 6,5 milliards d’actifs gérés). Le groupe a donc pris la décision de se lancer dans une restauration patrimoniale soignée de la villa Servais- construite en 1893 pour l’ingénieur et homme politique Emile Servais (1847-1928)- et de ses voisines pour en faire l’écrin de ses ambitions de développement. Pour prendre soin de ces bâtiments classés au titre des monuments nationaux, la collaboration avec l’Institut National pour le Patrimoine Architectural (INPA) fût précieuse. La Ville de Luxembourg a également été associée au projet mené par les équipes de facility management de la banque. Ainsi, plus de deux ans de travaux minutieux ont pu redonner tout leur lustre aux maisons construites à la fin des années 1890 par l’architecte Pierre Funck (1846-1932), connu également pour avoir construit le bâtiment du Casino voisin, le Cercle municipal ou encore le siège de la fondation Pescatore.
La rénovation a été confiée à la société Fabeckarchitectes mais « chaque choix de matériau ou de couleur a été rigoureusement discuté avec l’ensemble des partenaires du projet ainsi qu’avec le maitre d’ouvrage, dans un travail d’équipe constant et une harmonie de décision tout à fait enthousiasmante » souligne Tatiana Fabeck. L’idée directrice était de retrouver autant que possible l’atmosphère d’origine des demeures bourgeoises tout en y intégrant les éléments techniques exigés par les normes et usages contemporains (sécurité incendie, maîtrise de la consommation énergétique, isolation acoustique… ) de façon discrète et élégante. Ainsi, la démarche a d’abord consisté en un curage complet avec dépose des faux plafonds, des cloisons légères et des éléments occultant les fenêtres (caissons à volets…), permettant la redécouverte des décors d’origine. Puis, un inventaire complet de l’existant a été dressé pour lister ce qu’il faudrait restaurer ou recréer d’après les dessins historiques disponibles (parquets, moulures murales et de plafonds, certaines portes ou vitraux, boiseries, ferronneries…). Les façades ont ensuite été nettoyées et certains éléments extérieurs réparés. Une attention particulière a été portée au jardin qui entoure les bâtiments, pour créer un sas, une respiration entre la circulation intense du carrefour et le calme des salons intérieurs. Ce nouveau jardin, à la végétation soigneusement choisie est le nouveau havre des célèbres sculptures restaurées de Philippe Hiquily (1925-2013), qui étaient auparavant à la villa Paribas.
À l’intérieur des maisons, 13 salons et salles de réunion ont vocation à accueillir les clients de la banque (clientèle privée et professions libérales) au cours de réunions ou de déjeuners et serviront également de lieu de rencontres événementiel. Ils sont ornés d’œuvres issues des collections d’art de la banque qui seront régulièrement remplacées.
Nicolas Otton se félicite de l’atteinte de l’objectif qui était de rendre les lieux à la vie, avec des équipes qui viennent y travailler au quotidien. Dans la volonté d’y accueillir tous les publics, les espaces ont tous été rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR), exigence exprimée dès le stade de l’appel d’offres et qui fût un vrai défi, dans les espaces étroits de ces anciens bâtis résidentiels. Le président du Comité exécutif de BGL BNP Paribas et responsable du Groupe BNP Paribas au Luxembourg, a d’ailleurs exprimé sa reconnaissance aux équipes impliquées pour un projet parfaitement mené et exemplaire sur le plan technique : « Le résultat nous inspire une fierté collective. La collaboration avec l’ensemble des intervenants a été très satisfaisante, tout le monde ayant bien compris notre intention patrimoniale. Nous avons pris le temps nécessaire pour réaliser du fonctionnel très beau. » Pour sa part, Tatiana Fabeck a fait valoir qu’il s’agit « d’un projet qui respecte le passé par tout le soin que nous avons mis à redonner de l’éclat aux détails architecturaux anciens, qui respecte le présent car nous avons récupéré le mobilier et les lustres de la villa Paribas dans un esprit de durabilité, et qui respecte également le futur car nous avons travaillé les circulations pour rendre leur autonomie à chaque maison, pour le cas où un changement d’affectation serait décidé ».















