
Depuis 1970, environ 50 % de l’ensemble des récifs coralliens dans le monde ont disparu. Jan De Nul ambitionne d’industrialiser les techniques existantes afin de restaurer ces écosystèmes précieux. Dans cette optique, l’entreprise a lancé la construction d’une ferme aux Maldives, en étroite collaboration avec Coral Vita, expert en culture de coraux.
Les récifs coralliens connaissent un déclin alarmant, avec environ la moitié des récifs mondiaux disparus depuis les années 1970. Les principales causes sont l’augmentation de la température des océans, la pollution et la surpêche. Les scientifiques avertissent que plus de 90 % des récifs restants pourraient disparaître d’ici 2050. Les récifs coralliens constituent l’écosystème le plus riche en biodiversité de la planète, abritant jusqu’à 25 % de toutes les espèces marines. Des millions de personnes dépendent des récifs pour leur sécurité alimentaire, la protection des côtes et la biodiversité. Cela est particulièrement vrai aux Maldives, où la société dépend fortement des récifs coralliens.
Un modèle pour une restauration à grande échelle
Pour contrer cette évolution, l’entrepreneur maritime Jan De Nul et Coral Vita, expert en culture terrestre de coraux, ont lancé le projet AquaReef. L’objectif est de créer un modèle de restauration des récifs coralliens à grande échelle, applicable et reproductible partout dans le monde.
Noa Ligot, Senior Marine Engineer chez Jan De Nul: « Avec ce projet, nous voulons rendre la restauration des récifs coralliens aussi efficace et abordable que possible. Lorsque nous protégeons les littoraux, par exemple via des rechargements de plage ou des infrastructures de brise-lames, nous souhaitons offrir à nos clients la possibilité de combiner cela avec la restauration des récifs coralliens. Les récifs renforcent la protection côtière et apportent en outre des bénéfices écologiques considérables. C’est ce type de solution gagnant-gagnant que nous visons. »
Plus de 15 000 coraux en 24 mois
Jan De Nul a officiellement lancé la construction d’une ferme corallienne sur l’île située dans l’atoll de South Malé. D’ici l’automne de cette année, la construction sera achevée. Coral Vita pourra alors démarrer le processus de production de coraux. Sur une période de 24 mois, la ferme devrait permettre de produire plus de 15 000 coraux.
Le processus débute par la collecte de petits fragments sains issus de récifs résilients, en veillant à ne pas causer de dommages à long terme. Ces fragments sont ensuite découpés en très petites unités au moyen de la technique de microfragmentation.
Austin Martin, Chief Executive Officer chez Coral Vita : « Cette technique permet une croissance rapide des coraux, une diversification accrue des espèces et une meilleure résilience face au changement climatique. Chaque fragment est fixé sur un support solide comme une roche ou une brique — appelés substrat récifal — avant d’être transféré dans des aquariums contrôlés au sein de la ferme. Dans cet environnement stable, où la température, la lumière et la qualité de l’eau sont précisément régulées, les fragments croissent rapidement et sont fusionnés pour former des colonies plus grandes et robustes. Une fois qu’ils atteignent la taille et la solidité adéquates, ce qui devrait être possible d’ici 2027, ces coraux sont prêts à être transplantés. »
Une résilience accrue face au réchauffement des océans
Grâce au processus d’évolution assistée, les scientifiques identifient les coraux capables de mieux résister au stress thermique. Ces coraux tolérants à la chaleur sont ensuite utilisés dans le programme de sélection. L’objectif est de développer des populations coralliennes plus résistantes face au réchauffement des océans.
Austin Martin: « Ce partenariat associe des techniques de restauration des récifs coralliens à une expertise opérationnelle et logistique. La technique de ferme corallienne terrestre et modulaire de Coral Vita s’intègre parfaitement à la capacité de Jan De Nul à déployer rapidement des opérations complexes dans des environnements isolés, ainsi qu’à son expertise en restauration des habitats marins. Ensemble, nous libérons le potentiel de restaurer les récifs coralliens à une échelle industrielle partout dans le monde. »
Investir dans la restauration de la nature à grande échelle
Jan De Nul investit depuis de nombreuses années dans le développement de son expertise en projets de restauration de la nature à grande échelle. Outre les récifs coralliens, l’entreprise se concentre également sur la restauration des récifs ostréicoles. En collaboration avec l’Université de Gand, elle a développé des installations de pointe pour l’élevage d’huîtres, permettant de cultiver des larves d’huître sur des substrats adaptés.
Plus tard cette année, des récifs d’huîtres seront installés dans une zone Natura 2000 en mer du Nord, comme cela a déjà été réalisé durant l’été 2025. L’objectif est d’intégrer la restauration de la nature aux activités principales de Jan De Nul, notamment le développement et l’installation de protections contre l’affouillement pour les parcs éoliens offshore et les infrastructures côtières.





