Créée par Orlando Pinto, Sopinor Construction célébrera ses 25 ans en 2027. Entrant dans une phase de maturité, la société de construction, qui a connu un développement fulgurant, compte désormais dans le paysage luxembourgeois comme un acteur connu et reconnu. Avec des activités qui se sont constamment diversifiées au cours de ces années, les camions rouges de Sopinor Construction sont aujourd’hui présents sur de nombreux chantiers du pays. Entretien avec Franck Becherel, directeur général.
Photos: Laurent Antonelli / Agence Blitz
Nous en avons évidemment beaucoup en simultané, c’est inhérent à nos métiers historiques touchant aux infrastructures de transport, voiries et réseaux. Actuellement, nous avons une cinquantaine de chantiers qui tournent en parallèle sur l’ensemble du territoire. Pour n’en citer que quelques-uns, nous travaillons sur le tronçon « Konrad Adenauer » du tramway à Luxembourg-ville. Ce chantier est pour nous à la fois une grande fierté et un honneur parce que nous accompagnons Luxtram depuis sa création. Cette collaboration est le fruit d’une relation de confiance développée au fil des années. Puis, dans un autre domaine touchant à la mobilité douce, nous avons donné, en présence des ministres de la Mobilité et de l’Environnement, le premier coup de pelle de la piste cyclable Kleinbettingen – Steinfort, un projet Interreg transfrontalier, qui a comme objectif d’assurer une liaison cycliste sécurisée entre le Grand-Duché de Luxembourg et la Belgique. Avoir été associés à ce projet nous rend également très fiers. Enfin, encore dans un autre registre, je citerai la réalisation du parking Piko à Rodange, qui est en cours d’exécution, une activité de bâtiment moins présente par le passé mais que développons. Enfin, nous sommes impliqués aussi dans l’aménagement des infrastructures de voiries du futur quartier d’habitation écologique et durable du Kuebebierg au Kirchberg, qui va accueillir le prochain site du Lycée Michel Lucius.
Orlando Pinto, un entrepreneur dans l’âme a su bâtir à force d’engagement et de convictions une équipe à son image, volontaire, solidaire, dévouée et profondément humaine. Donc, en premier lieu, l’engagement de nos collaborateurs. C’est vraiment une marque de fabrique, et c’est ancré au plus profond de l’ADN de Sopinor depuis 25 ans ! Cela permet d’avoir une grande proximité avec nos clients, qui nous font confiance et savent qu’ils peuvent compter sur nous depuis toutes ces années, quelles que soient les circonstances. Les collaborateurs forment une force collective au sein de l’entreprise, cela nous a permis de conserver un esprit familial, bienveillant et agile, très apprécié de nos clients et partenaires.

Elles sont multiples, et vu le contexte actuel, elles sont encore plus complexes. Sur le très court terme, nous sommes à nouveau confrontés à une situation inflationniste pour tout ce qui touche au coût des matériaux. Nous avions connu une situation similaire juste après le Covid, mais à l’époque, le gouvernement avait pris une série de mesures pour accompagner les entreprises afin qu’elles puissent faire face à leurs difficultés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et il ne se passe plus une journée sans que nos fournisseurs nous annoncent des hausses de prix, souvent à deux chiffres. Nous sommes pris en étau entre nos fournisseurs et nos clients sur lesquels nous ne pouvons pas systématiquement répercuter toutes ces hausses. Nous sommes engagés dans un rapport de force qui n’est pas tenable pour l’économie de nos entreprises, d’autant que nous n’avons pas de visibilité sur le plan géopolitique, l’avenir est incertain. Nous avons tous besoin de retrouver de la sérénité. L’autre difficulté que nous rencontrons est plus structurelle, et concerne la main d’œuvre. La profession dans son ensemble fait face à un manque de ressources et de compétences. Que ce soit pour les cadres comme pour les Compagnons. Chez les plus jeunes, nous notons une désaffection pour les métiers de la construction. Nous avons notre part de responsabilité dans cette situation. Ces dernières années, beaucoup de Portugais retournent au Portugal avant même l’âge de la pension et le renouvellement des générations ne se fait plus. Cela s’ajoute au fait qu’il existe un déséquilibre entre l’offre et la demande de main d’œuvre qui fait donc mécaniquement monter le niveau des salaires… La situation est tendue et difficile à gérer pour toute la profession.
Pour répondre, je vais m’appuyer sur mon expérience. Quels qu’aient été les pays ou les sociétés pour lesquelles j’ai travaillé, j’ai toujours essayé d’allier esprit de challenger et humilité dans les relations avec mes interlocuteurs. Et je retrouve finalement cette double manière de voir les choses chez nos collaborateurs qui font preuve d’engagement envers l’entreprise et qui ont une grande capacité d’écoute de nos clients.
Le compagnonnage ! Notion qui malheureusement s’est un peu perdue au fil du temps et qu’il faudrait réhabiliter je pense. Derrière ce mot, il y a le savoir-faire manuel, l’apprentissage sur le terrain, le parrainage par des tuteurs, toute une série de métiers nobles qui offrent la possibilité de réaliser des prouesses à la fois techniques et architecturales. Plus largement, cette transmission du savoir, le fait d’aller sur le terrain, de regarder les gens travailler, de comprendre ce qu’ils font, de les écouter… C’est une richesse incroyable. Aller sur les chantiers me procure une énergie considérable. Je suis au service de nos compagnons !
L’humain à 100 % ! Le collectif comme modèle d’organisation. Chacun peut avoir de grandes qualités, mais on n’arrive à accomplir de grandes choses qu’en pensant collectif ! Si les deux sont réunis, c’est un investissement qui sera toujours rentable sur la durée, bien plus que d’investir dans une machine, qui ne durera qu’un temps. La dimension humaine de nos métiers est bien plus importante que la dimension financière. Pour nous, le capital, c’est l’humain !












